Diplôme de langue et Lifestyle à San Diego

Je me tiens devant une maison en bois foncé au toit plat incliné. Elle a déjà pris de l’âge. Dans le jardin flotte un immense drapeau américain. Entre les cactus, les palmiers et l’aloe vera. Josie court à ma rencontre. Les bras ouverts et un grand sourire sur le visage. Mon hôtesse est une dame rondelette à l’âge de la retraite, d’origine mexicaine. Derrière elle, mes deux frères d’accueil: Maxi, d’Espagne, et Narumi, du Japon. Nous nous comprenons tout de suite.

C’est ici, à San Diego, que je passe mon diplôme Advanced.

Deux heures plus tard, nous sommes assis dans un All You Can Eat chinois: „Le jour de leur arrivée, je mange toujours ici avec mes hostkids. C’est mon rituel de bienvenue“, dit Josie en riant à gorge déployée. Comme elle, sa famille est profondément attachée à l’armée américaine. De fiers citoyens américains.

Les premières nuits, je les passe bien emmitouflé dans des chaussettes en laine. Il faut bien l’avouer: Je m’imaginais la maison autrement. Plus grande. Plus moderne.

Jamais Lars n’aurait pensé que cette maison lui manquerait un jour.

«Cool as a Cucumber»

Des œufs brouillés, du bacon et des gaufres beurrées. Tous les matins avant l’école, Josie nous prépare un délicieux petit déjeuner. Ensuite, nous prenons le tramway de „La Mesa Boulevard“ à la „5th. Avenue“ pour rejoindre l’école Converse.

Le cours de préparation à l’Advanced est tough. Pas de téléphone portable en classe. Concentration absolue. Mais avant le week-end, notre professeur Sarah nous permet généralement de faire quelques „pauses chat“ décontractées. Nous découvrons l’influence latine en Californie. Nous apprenons des expressions et des phrases amusantes. „Cool as a Cucumber“ et „No Way Jose!“ sont mes préférées. Un vendredi après-midi, Akio me montre comment écrire mon nom en japonais.

La classe est aussi hétéroclite que San Diego.

Le cours Advanced est exigeant. En revanche, les vendredis après-midi sont plus détendus.

Surf, Parties et Taco-Tuesday

Avec Narumi et la clique de Maxi, je surfe sur les innombrables plages et admire les couchers de soleil spectaculaires. À onze, nous organisons des fêtes dans la ville voisine de Tijuana au Mexique, ou jouons au basket au centre-ville. Le mardi, c’est „Taco-Tuesday“. Des tacos avec toutes sortes d’accompagnements pour seulement un dollar! Ce que je préfère, c’est les déguster avec de la moutarde. Comme tout ici. Et Josie décide donc de me surnommer „Captain Mustard“.

La clique: Lars (avec la casquette Nike) et ses deux hostbrothers Maxi et Narumi (tout à droite).
Bonne ambiance et fêtes: la clique se rend souvent à Tijuana au Mexique.

Son frère Smiley (c’est son vrai nom) m’emmène souvent à la pêche. Ou aux matchs de basket-ball de l’université d’État de San Diego. Nous fêtons également son anniversaire chez lui. La veille, Josie nous assure que c’est „juste au coin de la rue“. Après trois heures et demie de route, nous sommes sur le point d’arriver à destination. Ce n’est qu’à ce moment-là que je prends conscience de l’immensité de la Californie. Et du manque de notion des distances de ses habitants. Je souris.

Personne ne sait non plus où se trouve la Suisse. La plupart du temps, on la confond avec la Suède. J’explique un jour à un chauffeur Uber pendant le trajet: „Roger Federer … Chocolate … Cheese…you know! Not Sweden. That’s ABBA!“ Il s’étonne quand il apprend que je ne suis pas d’ici. C’est le Lifestyle: soleil et ciel bleu tous les jours. Les palmiers et les eaux turquoise du Pacifique à deux pas. On ne peut pas échapper à l’énergie créative qui règne ici. J’adopte même l’argot.

Six pots de moutarde et un drapeau américain pour Captain Mustard

Trois jours avant mon vol de retour pour Zurich, j’ai mon diplôme Advanced en poche. J’obtiens la note maximale au test de sortie de l’école.

Avant que je ne la quitte pour l’aéroport, elle me donne un grand sac en papier. Je l’ouvre à la porte d’embarquement. A l’intérieur, six pots de ma moutarde préférée et un immense drapeau américain. „Cool as a Cucumber“, me dis-je en riant.

Le rire caractéristique de Josie et la maison en bois foncé au toit plat incliné me manquent déjà.

Alain Buob

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